Publié par Lena Jeudi 16 mai 2013 22:54 Bonjour, Je suis étudiante et j’ai un travail à terminer et ce sujet est basé sur le Sida . J’ai des questions auxquels je ne sais répondre, alors je me demandais si quelqu’un saurait m’aider pour y répondre . Voici les question : 1°Si je fais un test et qu’il est positif, j’ai le sida. 2°J’ai eu une relation sexuelle non protégées il y a 3 ans. Je n’ai pas fait de test mais je n’ai aucun signe ; je ne suis donc pas contaminé(e). 3°Un de mes camarades a déclaré sa maladie. On était copains, on avait des tas d’activités communes. J’ai peur d’avoir été contaminé. 4°Il y a 2 ans j’ai eu un rapport avec quelqu’un qui a découvert depuis sa séropositivité. Si je fais un test et qu’il est positif, je pourrais savoir sa ça date de cette période. 5°Quand je fais l’amour, je me retire toujours avant l’éjaculation, nous ne risquons donc rien. 6°Mon petit frère est né séropositif. On se ressemble beaucoup. Les tests sont négatifs pour moi, mais je crois qu’il y a une erreur ; je suis surement contaminé moi aussi. 7°Quand je vais à la piscine, j’ai peur d’attraper le sida. 8°Il y a plusieurs mois que je suis avec mon ami. Nous avons confiance l’un en l’autre. Il dit que nous pouvons nous passer de préservatif maintenant. 9°Mon ami a fait un test il y a 6 mois. Il était négatif. Depuis, il n’a eu qu’un rapport non protégé avec une ex. Je peux être tranquille. 10°Le préservatif était mal mis. Un peu de sperme s’est répandu. J’ai fait immédiatement un test qui m’a rassuré(e) je n’ai pas été contaminé(e). 11°Mon amie était vierge, il n’y a donc aucun risque pour moi. 12°On m’a raconté qu’une aide-soignante s’occupait d’un malade et on ne l’avait pas prévenue que cette personne avait le sida. Elle aurait pu être contaminée en faisant sa toilette, en s’occupant de son linge sale … Il faut répondre par vrai ou faux et justifier. Merci d’avance.

Publié par Rudy Sida-IST Vendredi 17 mai 2013 10:19
Bonjour Léna,
La liste de questions est intéressante et reflète assez les préoccupations de beaucoup de personnes, je vais tenter d’y répondre de la façon la plus complète possible. Il faut cependant se rappeler que beaucoup de paramètres rentrent en ligne de compte et qu’il n’y a jamais que des situations particulières. La généralisation peut donc parfois s’avérer délicate.
1° Lorsqu’on fait un test de dépistage et que celui-ci est positif, il y a toujours un test de confirmation qui est effectué, quoique les faux positifs soient très rares. La positivité signifie que l’on a été contaminé par le VIH: on est donc séropositif. Le sida est, en fait, le dernier stade de l’infection au VIH, stade auquel l’immunité est effondrée et où apparaissent les maladies opportunistes.
2° Comme d’autres IST, l’infection au VIH peut être asymptomatique: ne pas avoir de signes cliniques ne signifie donc nullement que l’on n’est pas infecté, le seul moyen de connaître son statut sérologique est de faire un test de dépistage.
3° Aucune activité de la vie quotidienne pratiquée en compagnie d’une personne séropositive n’est susceptible d’engendrer une contamination: celle-ci ne peut avoir lieu que par relation sexuelle non protégée, échange sanguin ou de la mère à l’enfant durant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. Une personne séropositive n’est pas contagieuse.
4° Il est extrêmement difficile de dater avec précision une infection, hormis éventuellement la découverte de la séropositivité en période de primo-infection, c’est à dire dans les quelques semaines qui suivent la contamination. Plus l’infection est ancienne, plus son origine est difficile à déterminer. Il faut également prendre en compte le nombre éventuels de prises de risque avant et après le rapport évoqué.
5° Interrompre le rapport avant l’éjaculation ne protège ni des IST, ni d’une grossesse éventuelle: le liquide séminal (pré-éjaculatoire) est un vecteur de beaucoup d’agents pathogènes, dont le VIH, mais également de spermatozoïdes. Le risque d’infection est donc bien présent.
6° Le VIH n’est pas une infection génétique ou héréditaire: la transmission verticale peut avoir lieu en cours de grossesse, durant l’accouchement ou l’allaitement. La situation de plusieurs enfants issus d’une même mère sera donc différente. De plus, s’il s’agit d’un enfant plus jeune qui est séropositif, la contamination de la mère peut avoir eu lieu entre les deux grossesses. Enfin, la transmission n’est pas systématique: sans précautions prises ou traitement mis en place, on estime le risque entre 25 et 30%.
7° Le VIH ne survit pas en-dehors de l’organisme, la transmission ne peut donc se faire que par un contact DIRECT entre un vecteur de contamination (sang, sperme, secrétions vaginales, liquide séminal, lait maternel) et les muqueuses (bouche, vagin, gland, anus, intérieur du nez et des oreilles, pourtour des yeux) ou une plaie ouverte.
8° La confiance n’est absolument pas un critère valable: avant de cesser l’utilisation du préservatif, il est donc impératif de faire un test de dépistage. Le partenaire peut, en toute bonne foi, ignorer qu’il a été infecté lors d’une relation antérieure.
9° Il suffit d’une relation sexuelle pour être infecté. Le fait que cette relation ait eu lieu avec une ex-partenaire et qu’il y ait eu un test négatif ne signifie rien: l’ex peut avoir été infectée depuis la rupture.
10° Il y a un délai à respecter entre un rapport à risque et le test de dépistage, ce délai est de minimum 6 semaines (pour un test de 4ème génération) et peut aller jusqu’à 3 mois (test de 3ème génération). Ce délai est rendu nécessaire par la vitesse de développement des anticorps ou antigènes recherchés. Dans le cas d’une rupture ou d’une mauvaise utilisation du préservatif, la seule action immédiate que l’on puisse faire est de demander un traitement post-exposition dans un centre re référence sida. Ce traitement doit être initié au maximum 72 heures après l’incident. (Ne pas oublier également la pilule du lendemain s’il n’y a pas de contraception régulière!)
11° En Belgique, le risque est effectivement limité mais pas nul. Si la grosse majorité des contaminations se fait par voie sexuelle, elle peut également avoir lieu par voie sanguine (partage de matériel d’injection ou de sniff, transfusion dans un pays à mauvaise situation sanitaire) ou verticale, même si, là aussi, le phénomène est bien contrôlé dans notre pays.
12° De nouveau, tant qu’il n’y a pas de contact direct avec l’un des vecteurs de contamination, il n’y a pas de risque. Il suffit de suivre les règles d’hygiène, et parfois simplement de bon sens. Lorsqu’un professionnel estime avoir couru un risque, la plupart du temps dans le cadre d’une opération, de soins de plaies… il doit également demander à bénéficier d’un traitement post-exposition.
J’espère avoir répondu au mieux à vos questions mais si vous aviez besoin d’autres précisions, je suis également disponible par téléphone.
Bon travail,
Rudy

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